3 Boulevard du Lycée, 74000 Annecy
Amicale philatélique d’Annecy

Les Timbres à Date Manuels Spéciaux d’Annecy – de 1942 à nos jours

Premiers Jours et autres oblitérations des Bureaux Temporaires et du Point/Bureau Philatélique

Les Bureaux de Poste Temporaires

Un bureau de poste temporaire est une installation de certains services postaux à une manifestation pour un ou plusieurs jours. Typiquement, un bureau de poste temporaire est doté d’un timbre à date manuel spécial le plus souvent illustré pour oblitérer des timbres-poste des plis postés à ce bureau temporaire ou de marquer des formulaires postaux (factures, fiches de dépôt etc.).

Il y a deux sortes de bureaux temporaires :

  • le bureau temporaire dit premier jour qui fête le premier jour de l’émission d’un timbre-poste émis par la poste dans le cadre d’une émission nationale. Un tel bureau est entièrement géré par la poste à leur frais en partenariat avec le demandeur du timbre-poste émis.
  • le bureau temporaire demandé par une initiative privée aux frais du demandeur. Tout organisme ou personne physique peut demander à l’administration postale l’ouverture d’un bureau postal temporaire pour commémorer un événement particulier dès lors qu’il ne s’agit pas d’une publicité ou d’une action dans un but politique. Un tel bureau temporaire peut alors accompagner des foires, expositions ou congrès ainsi que commémorer des événements typiquement d’un caractère plutôt local. Le timbre à date manuel spécial est bien un timbre à date de la poste, mais il est aux frais du demandeur.

Les timbres à date spéciaux utilisés à l’époque sont assez divers. Toutefois à partir de 1942 jusqu’aux années 60 on trouve assez souvent le même modèle, un timbre à date illustré, à double cercle avec un diamètre de 36 mm. Depuis les années 60, c’est plutôt un timbre à date illustré à simple cercle.

Timbres à date manuels spéciaux dits « Premier Jour »

Le premier jour de mise en service d’un timbre-poste est communément appelé « premier jour ». A cette occasion on organise souvent une petite manifestation dans une ville ou plusieurs villes de France. Un bureau de poste temporaire fonctionne pendant toute la durée de la manifestation. Il appose sur le courrier qui lui est remis un timbre à date spécial dit « premier jour ». Ce timbre à date est créé pour l’occasion. Typiquement, il comporte la mention « Premier Jour ». Seul le timbre émis pour cette occasion est autorisé pour recevoir l’oblitération spéciale.

Le premier timbre-poste à avoir fait l’objet d’un premier jour est le 20c Rouget de l’Isle (YT n° 314), à Lons le Saunier, le 27 juin 1936.

 

Les timbres à date « Premier Jour » apposés à Annecy sont :

  • 1960 : Le centenaire du Rattachement de la Savoie à la France (sans mention Premier Jour)
  • 1977 : 50° Congrès de la F.S.P.F.
  • 1977 : Tennis de Table – 50° anniversaire de la F.F.T.T.
  • 2000 : Anciennes Voitures – PHILEX Jeunes
  • 2005 : La Marianne des Français
  • 2005 : Portraits de France – Lac d’Annecy
  • 2010 : Rattachement de la Savoie à la France

premier jour YT n° 3814

Annecy : Timbres à date manuels spéciaux demandés

Les deux premiers timbres à date illustrés utilisés à Annecy datent de 1942 et 1943. Ils ont été créés à l’occasion de la deuxième et de la troisième Journée du Timbre en France.

Un autre timbre à date illustré a été prévu pour le 9 décembre 1944, date de l’émission du premier timbre-poste français consacré à la Journée du Timbre. Ce timbre à date a été fabriqué, mais pour cause des circonstances fin 1944, il n’a pas été utilisé. Le troisième timbre à date illustré d’Annecy est donc celui de la Journée du Timbre de 1945.

Tous ces timbres à date suivent le modèle présenté plus haut.

Par contre, le modèle du quatrième timbre à date spécial demandé d’Annecy n’est pas illustré et suit plutôt le modèle du timbre à date ordinaire à simple cercle avec un diamètre plus petit. Il a été utilisé au bureau temporaire du congrès F.A.M.M.A.C. du 19 au 20 octobre 1946.

Vous trouverez ces timbres à date et tous les autres dans le catalogue des timbres à date manuels spéciaux d’Annecy.

 

Les timbres à date manuels spéciaux du point et du bureau philatélique à Annecy

Il existe une autre sorte de timbres à date manuels spéciaux. Ils ont été utilisés au point philatélique des bureaux de poste dans certaines villes, dont Annecy où on connait trois de ces timbres à date utilisés depuis les années 80 jusqu’à la fermeture du point philatélique d’Annecy.

Les points philatéliques ont été remplacé par les bureaux philatéliques. Comme les points philatéliques, les bureaux philatéliques utilisent un timbre à date manuel spécial. Une première quinzaine de bureaux d’essai ont ouverts en novembre 2015, mais la majorité des bureaux ont commencé à fonctionner à partir de mars 2016. Il semble que le timbre à date du bureau philatélique d’Annecy est arrivé le 17 août 2016, mais la première frappe connue date du 28 août 2017.

Nous avons inclus ces timbres à date illustrés du points et bureaux philatéliques dans notre catalogue.

Dans le contexte des timbres à date manuels spéciaux, il est aussi utile de se référer à l’

Historique de la Journée du Timbre (source : phil-ouest)

En 1935 la FIP (Fédération Internationale de Philatélie) a proposé lors de son congrès à Bruxelles la création d´une journée du timbre dans chacun de ses pays membres, ce projet a été validé par le congrès de la FFAP à Paris en 1937. La première journée du timbre aura lieu en 1938, puis après deux années d´interruption (1940 et 41) le premier timbre à date illustré de cette journée parait en 1942. En 1944, la Poste émet le premier timbre consacré à la journée du timbre, en 1993 il y aura sur le même thème deux timbres émis à l´occasion de cette journée. A partir de 2000 la journée du timbre devient la fête du timbre.

Les timbres à date des Journées/Fêtes du Timbre ne sont pas des timbres à date « Premier Jour ». Ils ne comportent jamais la mention « Premier Jour ». Il est alors permis d’oblitérer n’importe quel timbre-poste par le timbre à date « Journée/Fête du Timbre ».

Les ventes de timbres de la fête du timbre servent à financer d´une part l´ADP (Association pour le Développement de la Philatélie) qui subventionne la FFAP (Fédération Française des Associations Philatéliques), l´APPF (Association de la Presse Philatélique Francophone) et la CNEP (Chambre des Négociants et Experts en Philatélie) et d´autre part la Croix-Rouge Française.

De 1942 à nos jours, l’Amicale philatélique d’Annecy a organisé 14 Journées/Fêtes du Timbre dotées d’un timbre à date illustré, la dernière en 2015. (à voir page « Histoire »)

Les Quatre Emissions de Sardaigne 1851-1861

Auteur : Louis Mermin, Amicale philatélique d’Annecy

Résumé : Le développement du courrier et une meilleure gestion financière des services postaux vont entraîner la création du timbre-poste au XIXe siècle. Le Royaume de Piémont-Sardaigne, en choisissant la modernité, va émettre une première série de 3 timbres le 1er janvier 1851 qui sera remplacée le 11 octobre 1853 par une seconde émission de 3 timbres. Le 18 avril 1854, c’est une troisième émission de 3 timbres qui est mise en service. La quatrième émission est mise en circulation en juin 1855, avec 3 timbres qui seront complétés de 2 timbres le 1er janvier 1858 et d’un timbre en 1861. Ils laisseront alors la place aux timbres du Royaume d’Italie.

Cette présentation fit partie du programme de la Journée Marcophile, Annecy, le 20 mai 2017, organisé par la section Rhône-Alpes de l’Union Marcophile.

Téléchargement : Les quatre émissions de Sardaigne 1851-1861

La Poste Sarde dans l’Arrondissement d’Annecy 1816 – 1860

Auteur : Dr. Wolfgang Martin, Amicale philatélique d’Annecy

Résumé : Finie la période révolutionnaire et napoléonienne, le 1 janvier 1816, l’administration sarde est de nouveau installée dans l’ancien duché de Savoie dont l’arrondissement d’Annecy fut une circonscription administrative. Cette présentation montre l’évolution des services postaux à partir de cet événement. Elle démarre avec le contexte historique et discute la période de rétablissement de la Poste sarde de 1816 à 1818. Ils suivent des chapitres sur les marques linéaires sardes, sur les timbres à date sarde et sur d’autres marques (franchise, journaux, retard, oblitérante, rayon limitrophe). Finalement, il suit un chapitre sur la transition des services postaux de l’annexion de la Savoie par la France, le 14 juin 1860, jusqu’à décembre 1860.

Cette présentation fit partie du programme de la Journée Marcophile, Annecy, le 20 mai 2017, organisé par la section Rhône-Alpes de l’Union Marcophile.

Téléchargement : La Poste Sarde dans l’Arrondissement d’Annecy 1816 – 1860

1867 – 1877 : Les Courriers-Convoyeurs-Stations de la Ligne Chambéry à Annecy

Auteurs : Louis Mermin et Dr. Wolfgang Martin, Amicale Philatélique d’Annecy

Résumé : La voie ferrée atteint Annecy en 1866 et relie Annecy via Aix-les-Bains avec le réseau P.L.M. Le 5 octobre 1867, un service des courriers-convoyeurs fut établi entre Chambéry et Annecy par Aix-les-Bains. Cet article traite ce service postal pendent la période d’emploi des timbres dits « courrier-convoyeur-station ». Il se concentre sur les stations situées en Haute Savoie, c.à.d. Bloye, Rumilly, Marcellaz-Hauteville, Lovagny et Annecy.

Téléchargement : 1867 – 1877 : Les Courriers-Convoyeurs-Stations de la Ligne Chambéry à Annecy

Article connexe :

Les Marques Postales et Timbres à Date de Rumilly au 18° et 19° Siècle

Les Marques Postales et Timbres à Date de Rumilly au 18° et 19° Siècle

Auteurs : Louis Mermin et Dr. Wolfgang Martin, Amicale Philatélique d’Annecy, avec Dr. Jean-Pierre Déplante, Amicale Philatélique d’Annecy

Résumé : Rumilly (arrondissement d’Annecy, Haute-Savoie) situé dans la région d’Albanais de l’ancien duché de Savoie posséda une position stratégique protégée par les cours d’eau encaissés du Chéran et de la Néphaz. Au début du 18° siècle, deux grandes routes traversent la Savoie : la route de Pont-de-Beauvoisin par Chambéry au Mont-Cenis et la route de Genève par Rumilly et Chambéry au Mont-Cenis. La poste aux chevaux en profita, et en 1720 un édit du roi de Sardaigne mentionne un relais de poste à Chambéry. En plus, Rumilly est cité comme bureau subalterne de la poste aux lettres. De fin 1792 à fin 1815, Rumilly se trouva dans le Département du Mont-Blanc, et devint de nouveau sarde par le deuxième traité de Paris, le 20 novembre 1815. Par l’annexion de la Savoie en juin 1860, Rumilly devint une commune française.

Cet article traite l’histoire postale du canton de Rumilly et montre les marques postales départementales employées de 1793 à 1815 et les marques postales sardes employées de 1816 à 1860 par le bureau de Rumilly ainsi que les timbres à date de la Poste française de 1860 jusqu’au début du 20° siècle. L’article présente aussi des chapitres sur la poste rurale dans le canton de Rumilly, le bureau de poste à Saint-André-de-Rumilly, les bureaux des facteurs boîtier à Hauteville, Thusy et Vallières ainsi que sur la poste ferroviaire de la ligne d’Aix-les-Bains à Annecy.

Téléchargement : Les Marques Postales et Timbres à Date de Rumilly au 18° et 19° Siècle

Page marcophile connexe: 1878: Création du bureau de Menthonnex-sous-Clermont

Articles connexes:

1782 à Rumilly: Attaque de la Malle-Poste Chambéry – Genève

Le 26 août 1782, le courrier quitte Chambéry. Après un arrêt à Aix puis à Rumilly pour changer de chevaux et de postillon, voilà qu’en arrivant à Mionnaz, on constate que deux des trois malles transportées ce jour ont disparu : la malle du vice-intendant général du Duché, Jean-François Garnier, qui voyageait dans cette voiture, et la malle-poste de Carouge. Il va régner alors dans la région une effervescence extraordinaire. On va réveiller le maître de postes de Rumilly qui, avec ses domestiques se met à prospecter les environs. Malgré les recherches, ils ne retrouvent que la pièce de bois « qui avait servi à lier » les malles. C’est « sur Vallières », au-dessus de la montée de Coppet, qu’ils la découvrent.

Le Vice-intendant, prenant alors l’affaire en main, s’en vient « frapper à la porte du Château de Mionnaz » pour écrire un certain nombre de lettres alertant aussi bien le lieutenant-colonel commandant à Rumilly pour qu’il fasse patrouiller sa troupe que le châtelain de plusieurs paroisses afin qu’il fit « battre campagne ».

Hélas, toutes les recherches effectuées resteront vaines quand, tout à coup, on retrouve l’une des deux malles perdues : il s’agit de celle du vice-intendant. Cette découverte a été rocambolesque et le récit de Jacqueline Tissot, épouse Combépine, qui l’a faite, ne l’est pas moins. Il ne manque, dans la malle retrouvée, qu’ « une chemise et une paire de bas de soie ». Quant à l’autre malle officielle, celle qui transportait le courrier, il faut continuer les recherches. Témoignages et dépositions se succèdent. Le 2 septembre, coup de théâtre. On a retrouvé la malle perdue ! Elle « s’étoit trouvée dans le territoire de la paroisse de Saint-Eusèbe, dans une vigne appelée des vignasses, rière le village d’Orbessy. » C’est un certain J. Fontaine, seize ans, « qui a découvert la dite malle ». Elle était « mouillée de la rosée du matin, en partie ouverte, la chaîne ayant perdu son cadenas. ». Le 3 septembre, la commission d’enquête fait faire l’inventaire de ladite malle. On y trouve des lettres « en partie déchirées, décachetées et chiffonnées » ; mais d’autres sont « intactes », « dûment cachetées ». Le courrier est contenu dans des sacs de peau dont l’un est intitulé « THONON », l’autre « LA ROCHE », etc. Un paquet contient des médicaments, plusieurs autres du chocolat. On fait refermer la malle, après y avoir constaté qu’il manque au moins 79 livres, et on l’envoie là où elle devrait déjà être arrivée.

Installée à « A la Ville de Turin », l’auberge-relais de poste de Rumilly, la commission d’enquête va recueillir trente-six dépositions. Toute une série d’entre-elles – celles des responsables des malles – insiste évidemment sur le fait que celles-ci, tout le long du voyage, ont été surveillées et qu’à Rumilly, en particulier, elles ont été bien attachées. Si les malles ont disparu, ce n’est certainement pas faute d’avoir bien été liées. « D’autre part, la corde a été coupée, c’est un fait. Mais personne ne s’est aperçu de rien. ». Le mystère reste donc entier en ce qui concerne ce qui a bien pu se passer entre Rumilly et Mionnaz.  De nombreux témoins ont été interrogés. Pour chacun d’eux sont notés l’âge, le lieu de naissance, le domicile, le métier et la situation de fortune.

Toutefois, il y a des gens qui avancent des noms. La première à être soupçonnée, c’est Jacqueline Tisssot-Combépine, celle qui est venue dire qu’elle avait trouvé la malle du vice-intendant et dont la maison « est très peu éloignée de l’endroit où la malle de M. Garnier a été retrouvée ». Ses défenseurs sont aussi nombreux que ses détracteurs. Néanmoins, la pauvre Jacqueline Combépine supporte mal les soupçons qui pèsent sur elle. On la trouve « toute en pleurs, étant bien malheureuse » d’avoir trouvé cette malle. D’autres témoins soupçonnent les frères Livraz « qui sont déserteurs et fugitifs ». On avance aussi d’autres noms, en particulier celui d’un nommé Maître d’Annecy dont la conduite est suspecte pour avoir été aux galères  et dont on a « ouï dire qu’il était un pas rien ». Reste encore « un certain Bouvier, meunier à Coppet » à la mauvaise réputation. Il pourrait se faire qu’en « allant et revenant comme les meuniers en ont coutume, prendre du bled ou rendre la farine », il ait aperçu la malle, « s’en soit emparé » et l’ait portée dans les vignes d’Orbessy puisque les gens de ce pays certifie que c’est là où on l’a retrouvée. Mais qu’aurait-il été faire du côté d’Orbessy puisque les gens de ce pays vont presque tous moudre au moulin de Charrière à Thusy ou à celui de Morgenex à Vallières ? D’autre part, il n’avait pas non plus de raisons valables de se trouver là où les malles se sont décrochées. Une déposition particulièrement intéressante est celle du jeune Jacques Crochet, âgé de douze ans, domestique dudit meunier qui fournit un alibi à son maître. Mais comme il n’a que douze ans, on ne lui a pas fait prêter serment.

L’affaire de la malle-poste de Carouge reste donc un mystère, allant grossir la masse des énigmes de l’histoire.

Louis Mermin, Amicale philatélique d’Annecy

Source : Archives Départementales de Savoie – Cote C 604- 1752-1789- Intendance Générale de Savoie-Postes et Messageries