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Amicale philatélique d’Annecy
Les Timbres « RETRODATO » : Lettre de Taninges pour Chambéry

Les Timbres « RETRODATO » : Lettre de Taninges pour Chambéry

A partir de 1824, dans le Duché de Savoie, les timbres « RETRODATO » remplacent les timbres « déboursé » introduits par la poste française pendant la période des Départements Conquis (84 MONT-BLANC et 99 LEMAN).

 

Voici un bel exemple : Marque de port dû TANINGE, marque du bureau à remise du 1er janvier 1844 à 1849. Taxe à 6 soldi (2eme rayon de 30 à 110 kilomètres) – tarif du 30 avril 1844 – Inconnu à Chambéry, d’où la marque CHAMBÉRY / RETRODATO LUG. 15, (1) : la lettre est retournée « à ses parents à Rumilly par Bonneville ». Adressée à Rumilly (en Albanais), la Poste débourse, une nouvelle fois la lettre (marque française

grattée linéaire de RUMILLY LUG.16 ( ?) (2)). Il s’agit, en réalité, de Rumilly sous Cornillon (4), par  La Roche et non par Bonneville. La lettre est, une nouvelle fois déboursée à LA ROCHE (marque de port dû utilisée de 1823 à 1849) LUG. 25 (3). L’adresse est modifiée « au bureau de Mr l’Intendant Général Chambéry » où elle parvient le 5 août (AGO.5) (5).

Le timbre RETRODATO de Chambéry :

CHAMBÉRY : marque non signalée dans le catalogue Domenech en 1966,  mais signalée par Vollmeier (1985). Cette marque est connue de novembre 1830 à janvier 1848 en noir. De plus, Vollmeier a vu cette marque en rouge en novembre 1838. Mais l’utilisation de cette marque comme RETRODATO n’est pas signalée.

RETRODATO : Vollmeier signale cette marque de Chambéry d’août 1829 à août 1838 en rouge. Voici cependant une utilisation à partir de 1844. (La lettre n’est pas datable, mais la marque TANINGE n’existait pas avant 1844.)

Littérature :

  • Domenech, Michel : Marques Postales et Oblitérations de Savoie des Origines à 1876, Chambéry, 1966.
  • Vollmeier, Paolo (ed.) : Storia Postale del Regno di Sardegna dalle Origini all’Introduzione de Francobollo, volumes I, II, III, Castagnola (Suisse), 1985.

Page marcophile connexe : 1824 : Les timbres « RETRODATO ».

 

1816 – 1818 : Le rétablissement de la Poste Sarde en Savoie

1816 – 1818 : Le rétablissement de la Poste Sarde en Savoie

Contexte historique: Le transport du courrier en royaume de Sardaigne était un monopole royal soumis des réglementations restrictives et des normes sévères. La première réglementation de la Poste sarde imposée par Carlo Emanuele di Savoia date du 19 septembre 1772.

La première annexion de la Savoie par la France fin 1792 met fin à l’administration sarde : La Poste devient française et enfin, les règles napoléoniennes s‘appliquent. Les marques postales à la française et les tarifs postaux français sont des signes bien visibles de cette transformation.

Après la défaite de Napoléon 1er, les deux traités de Paris (30 mai 1814 et 20 novembre 1815) rendaient au roi Victor-Emmanuel 1er sa province de Savoie dans sa presque totalité. Au 31 décembre 1815, toute la Savoie est de nouveau sous la coupe de l’administration sarde.

La Poste sarde continue d’utiliser les marques françaises, mais les receveurs grattent l’indicatif des départements. Surtout, on met fin aux règles napoléoniennes. La réglementation sarde de 1772 est rétablie et reste en vigueur jusqu’au 12 août 1818 quand une nouvelle réglementation est promulguée. Le 1er janvier 1819, la tarification de 1772 est remplacée par la nouvelle tarification du 25 septembre 1818.

Exemple : Lettre d’Annecy écrite le 9 avril 1816 pour Lyon, marquée par la marque française grattée « ANNECI », affranchie jusqu’à la frontière française (taxe sarde de « 2 » soldi (au verso (1), à noter : le chiffre 2 n’est plus écrit à la française), tarif du 19 septembre 1772, rétabli 1816 – 1818) et marquée à Pont-de-Beauvoisin par un paraphe à la plume (au verso (2)).

A noter :

  • La frappe de la marque française non grattée d’Annecy est connue en janvier 1816. Le 27 janvier 1816 est la date connue de la première frappe de la marque française grattée d’Annecy. Elle a été en service jusqu’en 1829.
  • Cette lettre n’est pas encore datée (à voir 1818 : les timbres à date linéaires).
  • La lettre a voyagée avant la première convention franco-sarde conclue le 28 juin 1817 et mise en exécution le 1er janvier 1818.

La lettre est taxée « 4 » (décimes) certainement par le bureau français à Pont-de-Beauvoisin. La taxe est conforme au tarif français de 1806/1810 : 4 décimes pour une distance de 101 à 200 km et un poids inférieur à 6 g. La Poste française a taxé le parcours total d’Annecy à Lyon, une habitude appliquée à la correspondance sarde jusqu’à la mise en vigueur de la première convention franco-sarde, le 1er janvier 1818.

Sous la marque ANNECI, se trouve le début d’un « 4 » annulé par un trait. Pourquoi ? Seul le postier qui a apposé la taxe pourrait nous répondre !

La lettre est arrivée le 14 avril 1816 à Lyon (au verso (3) : chiffre-timbre rectangulaire « 14 » en noir).

Le contenu de cette lettre (en bas) : Par cette lettre, le « Noble Syndic de la ville d’Annecy, président de l’administration des Hospices » prie les « Messieurs de l’Administration des hospices de Lyon » de « nous faire savoir si nous pouvions obtenir deux sœurs hospitalières de l’hôpital de Lyon, sachant lire et écrire… ».

Source : Vollmeier, Paolo (ed.) : Storia Postale del Regno di Sardegna dalle Origini all’Introduzione de Francobollo, volumes I, II, III, Castagnola (Suisse), 1985.

 

1823: Les ports dûs sardes de La Roche

1823: Les ports dûs sardes de La Roche

Il est toujours possible de faire des découvertes en marcophilie. Il en est pour preuve la découverte de deux marques de port-dû utilisées au XIXe siècle  à La Roche (ci-dessus):

L’énigme des marques de port dû de LA ROCHE.

Lettre de La Roche pour Magland du 1er mars 1821, marque de port dû LA ROCHE, lettre en franchise «service de la Justice par exprès » et « l’assesseur de la réforme ».

Lettre du 4 janvier 1849 adressée au Petit-Bornand, marque de port dû LA ROCHE, taxe manuscrite 2 décimes ( tarif de 1844).

Lors de l’acquisition d’une archive, la découverte de la pièce à gauche s’est bien rapidement transformée en énigme.

Pourquoi cette lettre, écrite le 2 août 1823, n’est pas marquée de la marque de port dû mise en service à la restauration sarde en 1815. Elle reçoit la marque manuscrite, De La Roche et une taxe de 5 sous (tarif du 12 août 1818). Elle est destinée à un notaire de Rumilly et écrite par son fils Jean.

Le bureau de La Roche fut bureau de direction dans le Département du Mont-Blanc, puis dans celui du Léman à partir de 1798. Il fut transformé en bureau de distribution relevant de Bonneville le 20 juillet 1802.

A la restauration sarde, La Roche devient un bureau de 4e classe avec une marque de port dû (à gauche) qui est normalement utilisée jusqu’en 1823.

En effectuant des recherches sur des lettres postérieures à 1823, il est très vite apparu que le bureau de La Roche possédait une nouvelle marque de port dû.

En comparant les deux marques, il est possible de relever des différences :

2017-02-laroche-4a  marque 1, avant 1823

2017-02-laroche-4b  marque 2, après 1823

Les lettres de la marque 1 mesurent 5 mm de hauteur, celles de la marque 2, 4,5 mm. L’écartement entre LA et ROCHE est différent. Le « O » est plus arrondi dans la marque 2 et la barre centrale du « E » est bien différente.

Il existe bien deux marques de port dû avant et après cette date de 1823. Mais que c’est-il passé ? Le mystère demeure. La première marque a-t-elle été perdue, brisée ? A ce jour, aucune explication.

1824 : Les timbres « RETRODATO »

1824 : Les timbres « RETRODATO »

A partir de 1824, les timbres « retrodato » remplacent les timbres « déboursé » introduits par la poste française pendant la période départementale des Etats Sardes. Ils furent utilisés par des bureaux principaux. Par exemple, le timbre « retrodato » d’Annecy est connu de juillet 1832 à août 1839, et celui de Chambéry d’août 1829 à août 1838. Mais on les trouve aussi dans des plus petits bureaux comme Thônes (non-signalé dans la littérature).

Exemple : Lettre simple d’AOSTA du 15 juillet 1844, déboursée (RETRODATO en rouge) à Thônes (marque linéaire en bleu). Cette lettre est taxée « 6 » au recto (6 soldi = 30 c) port pour la distance de 65 km à 110 km conformément au tarif du 30 avril 1844.

Mais, à lire l’adresse, on s’aperçoit que l’expéditeur a écrit Chamony Thônes. Pourquoi ? Chamonix n’est pas dans le district de Thônes, mais dans celui de Sallanches. La lettre est donc réexpédiée à Chamonix avec la mention manuscrite « bonne pour son adresse ».

Mais pourquoi une telle adresse ? L’expéditeur n’est plus là pour nous le dire !

Recto de la lettre simple d'Aosta pour Thônes

Recto de la lettre simple d’Aosta pour Thônes

Source: Vollmeier, Paolo (ed.) : Storia Postale del Regno di Sardegna dalle Origini all’Introduzione de Francobollo, volumes I, II, III, Castagnola (Suisse), 1985.

Page marcophile connexe : Les Timbres « RETRODATO » : Lettre de Taninges pour Chambéry.

 

1818: Les timbres à date linéaires

1818: Les timbres à date linéaires

1818: Les timbres à date linéaires (mois et quantième) furent introduits par il regolamento servicio delle poste (art. 42) du 12 août 1818 pour permettre à la Poste Sarde de contrôler le temps de parcours des lettres. Leur emploi à Annecy est connu de 1820 à 1840, à partir de 1841 seulement avec les marques PP.

Avant cette date, les lettres Sardes restent non datées.

Exemple : Marque M3 (marque française grattée) d’ « ANNECI » sans timbre à date sur lettre pour Evian du 2 janvier 1817, taxée « 3 » (soldi), tarif du 19 septembre 1772, rétabli 1816 – 1818.

Source: Vollmeier, Paolo (ed.) : Storia Postale del Regno di Sardegna dalle Origini all’Introduzione de Francobollo, volumes I, II, III, Castagnola (Suisse), 1985.