3 Boulevard du Lycée, 74000 Annecy
Amicale philatélique d’Annecy

1896 – une lettre CHARGE d’Annecy pour Thonon-les-Bains

Lettre chargée (timbre « CHARGE » en noir, utilisé en France de 1791 jusqu’après 1900) avec un affranchissement de 60c (2 timbres-poste type Sage à 30c – YT n° 80) :

  • 15c 1° échelon de poids – tarif du 1er mai 1878
  • 20c droit proportionnel – 10c par 500 frs – tarif du 1er juillet 1892, loi du 13 avril 1892
  • 25c droit fixe de chargement – tarif du 16 janvier 1879, loi du 26 décembre 1878

Oblitération par le timbre à date type A2 II (« HAUTE SAVOIE ») d’Annecy.

Au recto, se trouve le descriptif des chargements (utilisé en France de 1859 à 1909) qui comporte le numéro 110 du bureau d’Annecy, ainsi que le poids : 10,5 g ; le nombre de cachets de cire : 5 ; leur couleur : rouge ; et l’empreinte : RE. Au-dessus le numéro du chargement « 775 » écrit à l’encre violette.

 

Au verso (cliquez pour agrandir) : les 5 cachets de cire avec l’empreinte « RE » ainsi que le timbre à date d’arrivée à Thonon-les-Bains (type A2 I « HTE SAVOIE »)

Source : marcophilie.org

Un 15 F outremer Marianne de Gandon de dimension anormale

La pièce : Lettre 1° échelon pour l’intérieur du 28-10-52, tarif du 6-1-49 au 30-6-57, oblitération Flier.

 

Dans les Mariannes de Gandon, c’est le 15 F outremer qui  a le plus gros tirage: 6 446 000 000 exemplaires. Il existe en trois types différents que l’on rencontre en feuilles de 100, en carnets et en roulettes, sans oublier les entiers.

Cent onze cylindres ont été necessaires, les petites variétés sont fréquentes. Aprés quarante années passées sur ce sujet, je n’ai jamais rencontré ce format anormalement haut.

Mais voici, une variété un peu bizarre: J’ai découvert ce format anormalement haut. S’agirait-il d’un faux?

Sur l’agrandissement du timbre on remarque une hauteur supérieure de 2 mm au timbre normal. La dentelure est incomplète en haut à gauche, le cadre droit habituellement très rectiligne est sinueux. On peut également voir une différence sur le 2° N de Gandon.

Sur cette copie j’ai rajouté, en partant de la gauche, un timbre dit « petit format », variété qui affecte parfois la ligne supérieure des feuilles de cent timbres. Au centre, un timbre tout à fait banal et la copie du timbre anormalement haut.

Comment expliquer cet écart ? Après examen de plusieurs milliers de 15F outremer je rencontre cette variété pour la première fois. Si quelqu’un a une explication, merci de m’en faire part par courriel à Jean-Louis Perrel.

La Griffe « RETOUR / A L’ENVOYEUR  » avec Numéro du Bureau

La pièce: Lettre recommandée (« R » encastré en rouge) de l’établissement « Vve Buffet Fils Jeune, à Thônes » postée à Annecy pour Queige, canton d’Albertville, affranchie de l’émission type Sage (2x YT n° 67 – type I, 20c) oblitérée et marquée par le timbre à date T17bis d’Annecy, le 12 août 1879.

Tarif du1er  janvier 1878 (loi du 6 avril 1878), 15c pour le port du 1° échelon de poids (jusqu’à 15g) plus taxe de recommandé de 25c, tarif du 16 janvier 1879 (loi du 26 décembre 1878).

La lettre ne pouvait pas être remise au destinateur (adresse barrée par une croix à plume) et porte les mentions manuscrites « Retour » (en haut) et « voir au dos » (en bas) en encre rouge du facteur boîtier à Queige et la griffe en rouge du bureau d’Albertville « RETOUR / A L’ENVOYEUR / 53 » (Le 53 est le numéro du bureau d’Albertville). Finalement, elle a été réexpédiée à « Mr Buffet à Thônes », mention manuscrite en haut.

Queige obtint un bureau de distribution rattaché au bureau d’Albertville créé par décret du 7 mars 1862.

en haut, cliquez pour agrandir : partie du verso, mention manuscrite en rouge du facteur boîtier du Queige « parti sans laisser / l’adresse / le fact. boît. / <contreseing>  » plus la frappe du timbre à date T24 du Queige, départ pour le retour, le 15 août, et arrivée par Albertville et Annecy à Thônes, le 16 août 1879 (timbre à date T18 de Thônes).

La griffe « RETOUR / A L’ENVOYEUR » avec numéro du bureau du système de numérotation de 1862/63 a été introduite le 1er juin 1866. Donc, cette griffe porte le même numéro que le timbre oblitérant dit GC de ce bureau. Elle est appliquée sur les lettres réexpédiées à l’envoyeur.

L’ instruction générale des Postes de 1868 précise: « Avant leur réexpédition, ces objets doivent être inscrits nominativement sur un registre n° 22, 2e partie, à consulter en cas de réclamation ; indépendamment de la cause de non-distribution, ils reçoivent, sur leur suscription, l’application, à l’encre rouge, d’un timbre : Retour à l’envoyeur ; la résidence du destinataire est biffée à l’encre rouge et remplacée par le nom du bureau d’origine… »

Fin mars 1876, l’Administration Générale des Postes supprime les timbres oblitérants. Cependant, la numérotation des nouveaux bureaux continue. Elle est dénommée NUMÉROS BLANCS qui commence au numéro 6450 (Marlieux, dans l’Ain) jusqu’au 8859 (Perrignier, Haute-Savoie). Après ce chiffre, la Poste abandonnera toute numérotation dès février 1895 (Bulletin mensuel des Postes n° 14 Décembre 1894), et pour les nouveaux bureaux crées après cette date, la griffe « RETOUR / A L’ENVOYEUR » ne porte plus de numéro.

Les griffes existantes ne seront remplacés par les nouvelles qu’au fur et à mesure de leur mise hors service pour cause d’usure ou de perte. Par conséquent, on les trouve même jusqu’aux années 2000. En bas, nous montrons un exemple d’utilisation de 1987.

La frappe du timbre « RETOUR / A L’ENVOYEUR » avec numéro est d’abord en rouge. Une décision en date du 16 mars 1895 a supprimé l’usage de l’encre grasse rouge pour l’apposition du timbre à date, des timbres spéciaux et griffes quelconques comme P.P., timbre descriptif, timbre CHARGE, R, RETOUR / A L’ENVOYEUR, etc… En conséquence, l’encre grasse noire sera la seule utilisée dans le service…. (Article 714, 2e paragraphe : Supprimer à l’encre rouge.)

 

En haut : Carte postale (entier postal émission Liberté de Gandon (Storch n° LIB H1, 1,90 F, tarif du 1er août 1986) des Portes en Ré pour Doussard « poste restante », marquée et oblitérée par le timbre à date mécanique, le 4 août 1987. La carte ne fut pas réclamée à Doussard (deux timbres « non réclamé » encadré en noir) et marquée par deux timbres « RETOUR / A L’ENVOYEUR / 8054 » et le timbre à date type A9, le 23 septembre 1987. Le 8054 est le numéro blanc du bureau du facteur boîtier de Doussard attribué en moment de l’ouverture de ce bureau, le 1er novembre 1891.

Source: marcophilie.org

Taxe pour timbre ayant déjà servi (I)

Dès la mise en service du timbre-poste en France, le 1er janvier 1849, l’Administration des Postes a réfléchi à la possibilité de fraude dans les affranchissements : timbres contrefaits ou timbres ayant déjà été utilisés, ce qui équivaudrait à un « manque à gagner ».

Exemple : Lettre d’Annecy pour Annecy-le-Vieux avec mention manuscrite en rouge « Taxe pour timbre ayant déjà servi ». La justification de la taxe de 30c est calculée suivant le tarif du 1er mai 1878 pour une lettre 1° échelon de poids, non affranchie soit 30c. Le timbre-taxe de 30c (émission chiffre, YT n° 6) a été collé sur la taxe au tampon de 30c dont on aperçoit une trace sur le côté gauche de ce timbre. Oblitération par le timbre à date T18 II a d’Annecy (indicatif départemental « HAUTE-SAVOIE », bloc dateur en caractères romains, connu de 1880 à 1886).

Articles connexes : Utilisation des timbres frauduleux, Taxe pour timbre ayant déjà servi (II)

 

La machine Daguin avec deux timbres à date différents

La machine Daguin (inventée par Eugène Daguin, 1849-1888) est une des premières machines à oblitérer mécaniquement le courrier. Elle appose deux timbres à date sur le pli : le premier oblitère le timbre-poste et le second laisse une preuve lisible de la date. Régulièrement, les deux timbres à date sont identiques, mais pas de règle sans exception !

Exemple (en haut): Lettre simple (moins de 15g) de Chambéry pour Turin / Italie affranchie par le type Sage (n° YT 97a avec bord inter-panneau, noir sur rose foncé, 25c, tarif du 1er mai 1878), oblitérée et marquée par la machine Daguin avec deux timbres à date différents (à gauche le timbre A1 (bloc dateur en caractères mixtes) et à droite le timbre A2 (bloc dateur en caractères bâtons)), 7E levée du 9 janvier 1889.

1939/40 : L’Armée Tchèque en France

En haut : Lettre 1er échelon pour l’étranger (Suisse) du 11-1-40 : 2 F 50, tarif du 1-1-40 au 31-1-42. Courrier ouvert par la censure militaire française, avec un grand cachet bleu double cercle : Contrôle postale.

En bas : Au verso de cette lettre on trouve les coordonnées en France de l’expéditeur tchèque. Griffe violette double encadrée, bilingue tchèque et française.

 

Cette lettre eclaire un point d’histoire de la Seconde Guerre mondiale pas forcément très connu : L’armée tchèque aux côtés de l’armée française de septembre 1939 à juin 1940.

Les armées du 3ème Reich envahissent la Tchécoslovaquie et l’armée tchèque est démantelée le 15 Mars 1939.

Les civils et militaires qui ne veulent pas rester sous le régime du protectorat de Bohème Moravie et souhaitent quitter le pays pour rejoindre les alliés de l’Europe de l’Ouest n’ont qu’une solution: la Pologne, indépendante jusqu’à l’invasion allemande du 1er Septembre 1939.

Les militaires tchèques, dans un premier temps, sont engagés dans la Légion Etrangére, avant l’entrée en guerre de la France. Ils seront ensuite regroupés au camp d’Agde où ils formeront une division qui ne sera jamais engagée dans le conflit armé à l’exception des 1er et 2ème régiments d’infanterie qui combattront respectivement à Coulommiers et à La Ferté sous Jouarre en Juin 1940.

Un total de 113 pilotes servirent dans les groupes de chasse, 50 disparurent, les survivants valides regagnèrent l’Angleterre après l’armistice du 22 Juin 1940.