3 Boulevard du Lycée, 74000 Annecy
Amicale philatélique d’Annecy

1894 : Monte Carlo – Berlin, un Aller-Retour

La première carte (en bas) est une carte postale avec réponse payée de MONACO 10c. brun papier carton bleu, partie de Monte-Carlo le 19/02/1894 et à destination de Berlin avec cachet d’arrivée le 21/02/1894.

L’intérêt est que la deuxième carte qui est la réponse détachée (en haut) de la première, départ de Berlin le 24/02/1894, soit trois jours après pour revenir à Monte-Carlo le 26/02/1894. Dans les deux cas il s’agit du tarif de la carte postale du 01/04/1879 à 10c. pour les pays européens.

1863 : une lettre de Lisbonne à Rome par Saint-Jean-De-Luz

Voyager de Lisbonne à Rome n’était pas facile en 1863. Regardons d’abord le contexte historique :

L’Italie fut réunie en 1861 à l’exception de Rome et du Latium qui constituèrent le reste des Etats Pontificaux protégés par des troupes françaises pour empêcher leur annexion par l’Italie.

Prenons maintenant une lettre de cette époque pour reconstituer le trajet et les moyens d’un tel voyage :

Il s’agit d’une lettre portugaise au 1er échelon de poids (moins de 15g) affranchie par l’émission Luis 1er (YT n° 15, 25 réis, port payé jusqu’à la frontière espagnole, affranchissement obligatoire, tarif du 9 septembre 1861), oblitérée par le timbre oblitérant « 1 » (= Lisbonne) et marquée par le timbre à date « LISBOA / 27 | 8 » (le 27 août 1863).

Elle est partie pour Elvas, petite ville portugaise à la frontière espagnole, où elle arrive le 28 août, et ensuite pour Badajoz, petite ville espagnole en face d’Elvas, le même jour (timbres à date au verso (1) et (2)). Le 1er septembre, la lettre arrive à Irun (timbre rouge « España » au verso (3)) et entre en France par Saint-Jean-de-Luz (timbre à double cercle en noir « PORTUGAL ST J. DE LUZ 3 / AMB. B » (Noël n° 983) au recto). Le timbre d’entrée indique que la lettre a été traitée par la brigade B du bureau ambulant de la ligne Irun à Bordeaux. Mais, en 1863, cette ligne était toujours en construction entre Irun et Bayonne (mise en service le 12 avril 1864). Par conséquent, notre lettre a du continuer son voyage par une malle-poste jusqu’à Bayonne pour rejoindre le train pour Bordeaux. De Bordeaux, elle est prise en charge par le bureau ambulant de la ligne Bordeaux – Cette (aujourd’hui : Sète, au verso (4)), le 2 septembre, et arrive à Marseille. Normalement, notre lettre devrait prendre le paquebot de Marseille à Citta Vecchia, le port de Rome, selon les termes du contrat postal établi entre la France et les Etats Pontificaux le 1er octobre 1853.

Mais cette fois, elle a pris un autre chemin, soit elle a raté le départ de ce paquebot, soit ce départ a été annulé pour cause de tempête, on ne sait plus. La poste française choisit alors la route à travers les Alpes. Notre lettre passe donc le 3 septembre par le 2° service du bureau ambulant de Marseille à Lyon (timbre à date au verso (5)), et arrive à Lyon, le même jour (timbre T15 de Lyon au verso (6)). Mais à Lyon, la trace de notre lettre se perd. Il y a d’autres timbres à date au verso de cette lettre, mais ils ne sont pas identifiables.

Le chemin le plus rapide de Lyon pour Rome, c’est par l’ancienne route postale par le Mont-Cenis. En 1863, le transport par voie ferrée jusqu’à Saint-Michel-de-Maurienne permet de rejoindre la diligence pour Modane, Lanslebourg, le col de Mont-Cenis et Susa, première ville d’Italie avec une gare où il est possible de prendre un train pour le port de Gènes par Turin. C’est probablement à Gènes que cette lettre a pris le paquebot pour Civita Vecchia, le timbre « CIVITAVECCHIA / DALLA / VIA DI MARE » (au recto) indique qu’elle est arrivée par bateau. Cette lettre arrive enfin à Rome le 7 septembre (timbre à date au verso (7)).

Le destinataire a payé 44 bajocchi (1 bajocco = 5,375 centesimi) pour les passages par l’Espagne, la France et à l’intérieur des Etats Pontificaux conformément au tarif pour le 2° échelon (tampon « 2 » en rouge ; le poids de notre lettre était compris  entre 7,5g et 15g, donc 2° échelon pour la France et 1° échelon pour Portugal) selon le tarif du 1er octobre 1853 avec addendum de 1861 de la convention entre la France et les Etats Pontificaux. A la fin, la mention manuscrite « 5 » en rouge montre que la poste des Etats Pontificaux pouvait garder 5 des 44 bajocchi pour la distance entre Civita Vecchia et Rome.

Quel voyage !

Il y a 40 ans : le 28 mai 1977, le timbre d’Annecy est émis

La pièce: Carte maximum avec timbre à date du premier jour (le 28 mai 1977) du timbre d’Annecy : Le château, la vielle ville, le lac d’Annecy et les blasons d’Annecy et de la Savoie.

Le timbre d’Annecy a été émis à l’occasion du 50ème congrès de la Fédération des sociétés philatéliques françaises:

  • Dessiné par Paul et Claude Jacquet,
  • Gravé par Claude Durrens,
  • Couleur : brun-olive et brun-lilas,
  • Imprimé en taille douce rotative à 50 timbres par feuille, dentelure 13,
  • Emis à 10 millions d´exemplaires,
  • Premier jour le Samedi 28 mai 1977, oblitération 1er jour à Annecy (Haute-Savoie),
  • Vente générale le Mardi 31 mai 1977,
  • Retiré de la vente le Vendredi 9 décembre 1977,
  • Valeur faciale : 1,00 F, affranchissement de la lettre simple pour l´intérieur.

 

Le timbre d’Annecy non dentelé avec bord de feuille.

Essais de couleur monochromes : paire verticale avec bord de feuille en brun et en vert.

Epreuve de luxe

Flamme d’Annecy du premier jour

Flamme postale, machine SECAP.

Enveloppe premier jour (« First Day Cover / FDC »)

La feuille à 50 timbres

Heureuse époque où le courrier arrivait avant d’être parti……

Jusqu’en 1582, tout le monde utilisait le calendrier Julien, introduit sous Jules César (d’où son nom) en 45 avant JC. L’année d’origine de ce calendrier est fixée à la fondation de Rome en 753 avant JC.

Afin de compenser le décalage accumulé depuis le Concile de Nice en 325, le Pape Grégoire XIII décide que le jeudi 4 Octobre 1582 sera suivi par le vendredi 15 Octobre.

La France adopte le calendrier Grégorien le 9 Décembre qui sera suivi du 20 Décembre 1582.

Les pays orthodoxes, ne voulant pas se soumettre à une initiative catholique, conserveront le calendrier Julien.

Le passage au calendrier Grégorien se fera sous le régime bolchevik, la révolution d’Octobre, calendrier Julien a eu lieu en Novembre selon le calendrier Grégorien le 5 Novembre avec un décalage de 13 jours.

La pièce: Carte postale expédiée de Toulon où l’escadre russe de la Méditerranée faisait de fréquentes visites. Cachet de départ de Toulon sur Mer du 8-10-1910, cachet d’arrivée en caractères cyrilliques à Cronstadt le 29-9-1910.

Enveloppe réutilisée pour des raisons d’économie de papier

La pièce (à droite) : Lettre de moins de 20 g expédiée de Paris le 16-6 48 pour la zone d’occupation américaine en Bavière. Tarif pour l’étranger : 18 F, du 1-5-48 au 30-11-48. Oblitération Krag 2ème génération.

Ci-dessous, à droite, verso de la lettre dont l’enveloppe été retournée et réutilisée, en raison de la rareté du papier et de la nécessité de faire des économies. L’affranchissement de cette lettre est remarquable. Rappelons:

  • Le 21 Juin 1948 le Mark est dévalué au 1/10 de sa valeur. Les timbres-poste utilisés dans les zones anglaise et américaine sont surchargés par une ligne de cors, et constituent une nouvelle émission qui conserve sa valeur faciale initiale.
  • Les timbres non surchargés sont dévalués au 1/10 de leur valeur faciale.
  • Les affranchissements mixtes (timbres non sur chargés de la 1ère émission et timbres surchargés) ne seront plus admis après le 23-6-48.

Sur cette lettre :

  • de la 1ère émission  12 Pfennig x 10 +2 Pfennig  x1 = 122 Pfennig soit un pouvoir d’affranchissement de 12,2 Pfennig,
  • de la 2ème émission 12 Pfennig x 2  +2 Pfennig x 1 = un pouvoir d’affranchissement de 26 Pfennig.

Ce qui fait un affranchissement de 38,2 Pfennig, insuffisant, le tarif du 15-9-47 étant de 50 Pfennig pour une lettre  pour l’étranger.

Cachet manuel double cercle avec pont de Teuschnitz du 23 Juin 1948 dernier jour d’admission des affranchissements mixtes.

Bibliographie : Philatélie française

ETATS UNIS : Première oblitération mécanique de type « drapeau » aux Etats Unis

Le 31/10/1894 la première oblitération mécanique de type « drapeau » fut apposée sur une enveloppe par une machine American Postal Company à Boston.

Entre cette date et 1940, 3.198 villes à travers les USA utilisèrent ce type d’oblitération mécanique avec 18 variétés de cachets à date (diamètre 20mm) et 21 variétés de drapeaux. Aux USA on a répertorié ainsi 7.395 exemples différents d’oblitérations de ce type dont 445 à Boston.

Exemple : Enveloppe expédiée de Boston MASS pour Manchester MASS le 12/01/1895. Affranchie à 2cts (Tarif du 1/07/1885) par Scott #220. Oblitération mécanique de type « drapeau » cachet à date type D, drapeau type I. Le type I fut utilisé uniquement à Boston entre le 31/10/1894 et Juin 1895 sur la machine H. Il se caractérise par l’absence de hampe et l’ouverture à droite des bandes sous le champ étoilé. 12 étoiles sont disposées selon un ovale avec la 13ème étoile au centre. (les 13 états fondateurs).

Ref : Frederick Langford : Flag Cancel Encyclopedia 4ème ed. 2008