3 Boulevard du Lycée, 74000 Annecy
Amicale philatélique d’Annecy

Type Sage – le 5c vert sur une carte postale réponse payée Belge

L’arrêté du 21 juin 1879 applicable à compter du 1er juillet 1879 mit à la disposition du public des cartes postales avec réponse payée. Le Congrès de Lisbonne du 21 mars 1885 introduisit officiellement la carte postale avec réponse payée dans le règlement de l’UPU.

L’instruction n° 65 de juin 1879 dit que les cartes avec réponse, originaires de l’étranger, seront passibles, pour chacune de leurs parties, de la taxe d’affranchissement applicable aux cartes simples de même provenance. Il en résulte que dans le cas où l’affranchissement de la partie réponse est insuffisant, la taxe doit être complémenté par un timbre-poste français.

Exemple (en haut) : Partie réponse d’une carte postale Belge avec réponse payée (émission de 1893, n° Mi P32A, 5c pour le service intérieur) de Paris pour Dinant / Belgique. L’expéditeur de cette partie réponse n’étant pas suffisamment affranchie par le timbre belge a complété le port avec un affranchissement du type Sage (n° YT 75B – type II B vert sur vert-jaune, 5c). Le timbre Belge et le timbre français sont oblitérés par le timbre à date A2 « Paris 26 / Gare du Nord », le 30 octobre 1898. La carte est arrivée le 31 (timbre à simple cercle de Dinant).

Source – Bourgouin, Jean-Louis : Les Cartes Postales, Réglementation et tarifs postaux du 15 janvier 1873 au 3 août 1914, Jean-Louis Bourgouin, 2014.

Heureuse époque où le courrier arrivait avant d’être parti……(II)

 

Voilà une carte-lettre de Monaco avec 25c vert, papier carton rose, oblitéré du 20 décembre 1898 à destination de Varsovie (mention manuscrite en haut à gauche « Pologne »), au verso (à droite) timbre d’arrivée à Varsovie (en cyrillique), le 12 décembre 1898.

A cette époque la Pologne est divisée en trois parties, chaque partie étant annexée par la Prusse à l’Ouest, par la Russie à l’Est et par l’Autriche-Hongrie au Sud. D’où la présence de ce timbre à date de Varsovie alors sous domination russe.

D’autre part, la Russie utilise toujours le calendrier Julien et ceci jusqu’en 1918, alors que la France par exemple utilise le calendrier Grégorien depuis décembre 1582. Selon l’échelle des équivalences, le 12 décembre 1898 Julien correspond au 24 décembre 1898 Grégorien.

Donc cette carte à bien mis 4 jours pour arriver à destination!

Tarif de la lettre simple de moins de 15g pour l’Europe du 1er avril 1879.

ETATS UNIS : Au chiffre du Postmaster de Blairstown !

Entier postal Scott #U163 3cts ( tarif domestique du 3Mars 1863 : ½ once quelque soit la distance) pour New York City.

En 1869, la petite ville rurale de Gravel Hill fut rebaptisée Blairstown ( 1500 habitants entre 1860 et 1900) en l’honneur de John Insley Blair qui , depuis 1824, exerçait les fonctions de Postmaster (PM). J.I. Blair fut un des plus importants industriels américains du 19ème siècle, propriétaire  de plus de 60 000km de voies ferrées. Blair qui ne s’embarassait pas de principes politiques sur le choix du Postmaster, désigna en 1875 son gendre John D .Vail pour le remplacer à ce poste. Celui ci occupa la fonction jusqu’en 1901 (disons plutôt qu’il conserva le titre et les avantages afférents laissant à son adjoint Hartmann le soin d’assurer les responsabiltés et taches de  la fonction) .

Depuis le 23 Juillet 1860 il était fait obligation aux PM d’oblitérer le timbre affranchissant le courrier avec un tampon différent du cachet à date. On assista alors à une prolifération  de tampons oblitérants (killers) de formes variées en fonction des choix personnels des PM .

John D. Vail se singularise en ayant utilisé de 1876 à 1886 un « killer » à son chiffre « JDV » violet de 1876 à1879 puis noir jusqu’en 1886.

Enveloppe  « drop letter » ( « En ville ») affarnchie à 1ct par Scott #206 en date du 22 Février (?) 1881

References :

  • J.M. COLE Cancellations aand killers of the Banknote Era 1871-1894 USPCS 1995
  • BERHOLF Jr  Blairstown Arcadia 1998
  • SCOTT specializd catalog of US stamps and covers 2010

1904 : Croisière aux Antilles

La pièce: Voici une carte postale affranchie d’un YT n°148, 5 cents bleus à l’effigie d’Abraham Lincoln, pour l’étranger. Cachet américain apposé à bord du paquebot Olinde Rodrigues le 5 Octobre 1904. Cachet de transit SAN JUAN PR (capitale de Porto Rico) le 16 Octobre 1904. Cachet d’arrivée le ? Novembre 1904 à Caudéran (Gironde).

Le paquebot Olinde Rodrigues de la Compagnie Générale Transatlantique cessa son activité après 27 ans de service.

Un peu d’histoire : Le traité de Paris du 10 Décembre 1898 met fin à la guerre hispano américaine. Moyennant 20 millions de dollars, les Espagnols cèdent Porto Rico, Cuba et les Philippines aux USA. Le statut actuel de Porto Rico est complexe, c’est un état libre associé aux Etats Unis d’Amérique.

1894 : Monte Carlo – Berlin, un Aller-Retour

La première carte (en bas) est une carte postale avec réponse payée de MONACO 10c. brun papier carton bleu, partie de Monte-Carlo le 19/02/1894 et à destination de Berlin avec cachet d’arrivée le 21/02/1894.

L’intérêt est que la deuxième carte qui est la réponse détachée (en haut) de la première, départ de Berlin le 24/02/1894, soit trois jours après pour revenir à Monte-Carlo le 26/02/1894. Dans les deux cas il s’agit du tarif de la carte postale du 01/04/1879 à 10c. pour les pays européens.

1863 : une lettre de Lisbonne à Rome par Saint-Jean-De-Luz

Voyager de Lisbonne à Rome n’était pas facile en 1863. Regardons d’abord le contexte historique :

L’Italie fut réunie en 1861 à l’exception de Rome et du Latium qui constituèrent le reste des Etats Pontificaux protégés par des troupes françaises pour empêcher leur annexion par l’Italie.

Prenons maintenant une lettre de cette époque pour reconstituer le trajet et les moyens d’un tel voyage :

Il s’agit d’une lettre portugaise au 1er échelon de poids (moins de 15g) affranchie par l’émission Luis 1er (YT n° 15, 25 réis, port payé jusqu’à la frontière espagnole, affranchissement obligatoire, tarif du 9 septembre 1861), oblitérée par le timbre oblitérant « 1 » (= Lisbonne) et marquée par le timbre à date « LISBOA / 27 | 8 » (le 27 août 1863).

Elle est partie pour Elvas, petite ville portugaise à la frontière espagnole, où elle arrive le 28 août, et ensuite pour Badajoz, petite ville espagnole en face d’Elvas, le même jour (timbres à date au verso (1) et (2)). Le 1er septembre, la lettre arrive à Irun (timbre rouge « España » au verso (3)) et entre en France par Saint-Jean-de-Luz (timbre à double cercle en noir « PORTUGAL ST J. DE LUZ 3 / AMB. B » (Noël n° 983) au recto). Le timbre d’entrée indique que la lettre a été traitée par la brigade B du bureau ambulant de la ligne Irun à Bordeaux. Mais, en 1863, cette ligne était toujours en construction entre Irun et Bayonne (mise en service le 12 avril 1864). Par conséquent, notre lettre a du continuer son voyage par une malle-poste jusqu’à Bayonne pour rejoindre le train pour Bordeaux. De Bordeaux, elle est prise en charge par le bureau ambulant de la ligne Bordeaux – Cette (aujourd’hui : Sète, au verso (4)), le 2 septembre, et arrive à Marseille. Normalement, notre lettre devrait prendre le paquebot de Marseille à Citta Vecchia, le port de Rome, selon les termes du contrat postal établi entre la France et les Etats Pontificaux le 1er octobre 1853.

Mais cette fois, elle a pris un autre chemin, soit elle a raté le départ de ce paquebot, soit ce départ a été annulé pour cause de tempête, on ne sait plus. La poste française choisit alors la route à travers les Alpes. Notre lettre passe donc le 3 septembre par le 2° service du bureau ambulant de Marseille à Lyon (timbre à date au verso (5)), et arrive à Lyon, le même jour (timbre T15 de Lyon au verso (6)). Mais à Lyon, la trace de notre lettre se perd. Il y a d’autres timbres à date au verso de cette lettre, mais ils ne sont pas identifiables.

Le chemin le plus rapide de Lyon pour Rome, c’est par l’ancienne route postale par le Mont-Cenis. En 1863, le transport par voie ferrée jusqu’à Saint-Michel-de-Maurienne permet de rejoindre la diligence pour Modane, Lanslebourg, le col de Mont-Cenis et Susa, première ville d’Italie avec une gare où il est possible de prendre un train pour le port de Gènes par Turin. C’est probablement à Gènes que cette lettre a pris le paquebot pour Civita Vecchia, le timbre « CIVITAVECCHIA / DALLA / VIA DI MARE » (au recto) indique qu’elle est arrivée par bateau. Cette lettre arrive enfin à Rome le 7 septembre (timbre à date au verso (7)).

Le destinataire a payé 44 bajocchi (1 bajocco = 5,375 centesimi) pour les passages par l’Espagne, la France et à l’intérieur des Etats Pontificaux conformément au tarif pour le 2° échelon (tampon « 2 » en rouge ; le poids de notre lettre était compris  entre 7,5g et 15g, donc 2° échelon pour la France et 1° échelon pour Portugal) selon le tarif du 1er octobre 1853 avec addendum de 1861 de la convention entre la France et les Etats Pontificaux. A la fin, la mention manuscrite « 5 » en rouge montre que la poste des Etats Pontificaux pouvait garder 5 des 44 bajocchi pour la distance entre Civita Vecchia et Rome.

Quel voyage !