3 Boulevard du Lycée, 74000 Annecy
Amicale philatélique d’Annecy

1886/87 : La première machine Daguin à Annecy

La machine Daguin (inventée par Eugène Daguin, 1849-1888) est une des premières machines à oblitérer mécaniquement le courrier. Elle appose deux timbres à date sur le pli : le premier oblitère le timbre-poste et le second laisse une preuve lisible de la date.

A Annecy, la première machine Daguin est connue à partir de septembre 1886. Il nous semble que cette machine a été employée pendant une période assez courte : On connait des frappes jusqu’à septembre 1887, mais pas plus tard.

Exemples : (en haut) Lettre (1° échelon) pour Chamonix affranchie de l’émission Sage (YT n° 90Bb – type II D, 15c, tarif du 1er mai 1878), oblitérée et marquée par la « Daguin », timbre à date type A1 I b (caractères du bloc dateur mixtes, « HTE SAVOIE »), 5e levée du 1er janvier 1887. C’est le premier jour de l’emploi du A1 I b. Le bureau central a commencé de fournir au bureau d’Annecy le millésime « 87 » seulement en caractères bâtons.

(en bas) Lettre (1° échelon) pour Paris affranchie de l’émission Sage (YT n° 90Bb – type II D, 15c, tarif du 1er mai 1878), oblitérée et marquée par la « Daguin », timbre à date type A1 I a (caractères du bloc dateur romains, « HTE SAVOIE »), 7e levée du 3 septembre 1886.

Pour distinguer les vraies Daguins des fausses, il faut mesurer la distance centre à centre des deux timbres à date. Elle doit se monter à 28 mm. Le deuxième critère à remplir c’est la petite rotation d’un timbre vers l’autre. Si en plus, les deux timbres ne sont pas identiques, il s’agit d’une vraie Daguin. En fait, les deux timbres à date d’Annecy se distinguent. Si on regarde la lettre en haut, on note que le « A » d’Annecy dans le timbre à date à gauche se trouve sur une lacune entre deux tirets, tandis que le « A » d’Annecy dans le timbre à droite se trouve sur un tiret. Pour la lettre en bas, c’est vice versa.

Article connexe : La machine Daguin avec deux types différents des timbres à date

1858 – une lettre de Paris pour Belley réexpédiée pour l’abbaye de Tamié

Voici une lettre de Paris pour le révérend frère Gabriel, supérieur général des frères de la Ste Famille à Belley / Ain, postée le 3 novembre 1858. Mais, le frère Gabriel n’était plus à Belley. Il séjourna maintenant à l’abbaye de Tamié (à droite) dans les montagnes au sud de Faverges, le bourg le plus proche à l’abbaye avec un bureau de poste.

Par ailleurs, à cette époque là, Faverges se trouva dans les Etats sardes. Par conséquent, la lettre dut franchir la frontière franco-sarde.

En haut : Lettre simple non affranchie de Paris pour Belley taxée 30c (tarif du 1er juillet 1854), réexpédiée à l’abbaye de Tamié par Faverges et maintenant taxée « 5 » (50c pour cause de réexpédition à l’étranger, tarif de la convention franco-sarde du 1er juillet 1851, tarif de voie de terre). Au recto : Marque de Paris port dû « 30c », bureau « K » du 3 novembre 1858, timbre de transit « Sard./Belley » (Noël n° 1063, connu depuis 1858) et marque de Yenne (entrée dans les Etats sardes).

Au verso : Les timbres à date des bureaux ambulants de jour « Paris à Mâcon 2° / Brigade E » et « Mâcon à Genève 2° / Brigade C », timbre à date type T15 d’arrivée et de départ de « Belley », marque de transit de « Chambéry » (timbre sarde à simple cercle), et timbre d’arrivée de « Faverges » (timbre sarde à double cercle), le 7 novembre 1858.

Au bureau de poste à Faverges, la lettre dut attendre jusqu’à ce qu’un frère de l’abbaye de Tamié passe pour aller chercher le courrier.

1860 juin à décembre – L’administration sarde reste toujours visible

En haut : Lettre en franchise d’Allonsier (à partir du 29 janvier 1900 Allonzier la Caille) pour Annecy marquée par le timbre à date T15 d’Annecy, le 7 novembre 1860. En novembre 1860, la commune d’Allonsier utilisa toujours le sceau sarde. En plus, elle continua de faire partie du canton et de la circonscription postale d’Annecy comme sous l’administration sarde jusqu’au transfert au nouveau canton et circonscription postale de Cruseilles, créé par l’administration française le 20 décembre 1860. Par conséquent, Allonsier quitta l’arrondissement d’Annecy.

Le 14 juin 1860, la Savoie ainsi que le Comté de Nice devinrent français. Le même jour, les timbres-poste français de l’émission « Empire non dentelé » furent introduits, et après le 1er octobre 1860, les timbres à date français furent enfin disponibles. Par contre, l’administration sarde reste toujours visible sur des pièces postales. Dans beaucoup de petites communes rurales, les nouveaux sceaux français des communes n’étaient pas encore fournis. Par conséquent, les anciens sceaux sardes furent toujours frappés jusqu’en décembre 1860.

En haut : Lettre en franchise (vérifiée, « V » en crayon) du maire de Saint-Jean-de-Sixt pour Annecy marquée par le timbre à date T15 de Thônes, le 24 octobre 1860 (1er mois des timbres à date français), départ le 25 (timbres à date au verso, à droite). La commune de « S.Jean de Sixta » en « Genevèse » utilisa toujours le sceau sarde.

A partir de 1851 : Le port local à 5 centimes

Comme ailleurs, l’introduction des timbres-poste dans les Etats Sardes fut accompagnée par un nouveau tarif basé uniquement sur le poids et non plus sur la distance à parcourir. Ce nouveau tarif du 1er janvier 1851 laisse le port d’une lettre locale du 1° échelon affranchie ou non affranchie à 5 centimes, mais augmente le poids admissible de 6 g à 7,5 g.

en haut : Lettre locale (1° échelon) de Faverges pour « Monsieur le Syndic » (le maire) affranchie de la 4° émission Victor-Emmanuel II (5c, émission 1855, tarif du 1er janvier 1851), oblitérée par le timbre à date à double cercle de Faverges, le 7 septembre 1858.

Il faut savoir qu’à cette époque là, l’affranchissement des lettres n’était pas obligatoire. Par conséquent, on trouve toujours beaucoup de lettres non affranchies. Pour taxer les lettres locales, la Poste sarde introduisit un nouveau tampon qui porta les chiffres « 05 ».

en bas : Lettre locale (1° échelon) d’Annecy taxée « 05 » (5c) par tampon et marquée par le timbre à date à simple cercle, le 25 septembre 1854, levée à « 4 S » (16 h 00).

Les « 2 » de Rumilly

Pendant la restauration sarde (1815 – 1860), les postiers sardes, comme les postiers français, ont employé des tampons pour faciliter la taxation des lettres.

Curieusement, à Rumilly, on trouve deux différents tampons pour la taxe de 2 décimes. Il y a un tampon avec un chiffre « 2 » tout à fait typique pour l’époque (à voir en bas), et un deuxième tampon avec un chiffre « 2 » très spécial (à voir un haut). On ne trouve ce type de tampon qu’à Rumilly.

tout en haut : Lettre simple pour Annecy taxée « 2 » (20c, tarif du 1er janvier 1851, timbre-taxe dit « le 2 de Rumilly ») et marquée par le timbre à date à double cercle, le 27 novembre 1852, arrivée le même jour.

 

à droite : Lettre simple pour Annecy taxée « 2 » (20c, tarif du 1er janvier 1851, tampon avec un chiffre « 2 » typique pour l’époque) et marquée par le timbre à date à double cercle, le 29 décembre 1853, arrivée le même jour.

Les Timbres « RETRODATO » (IV)

Nous avons déjà plusieurs fois parlé des déboursés pendant la période de restauration sarde 1815 – 1860 :

Voilà une lettre RETRODATO très particulière qui montre bien l’emploi de la marque RETRODATO.

En bas : Marque de port payé  « P  P / ANNECI » (marque française grattée, Domenech n° M7 d’Annecy)  en brun  (emploi en noir connue de 1816 à 1837, en rouge 1824 – 1839, en brun 1839 – 1851) sur lettre en souffrance avec timbre à date linéaire du 12 octobre en brun pour Turin (1° échelon, port payé 8 soldi, tarif du 30 mars 1836, distance de 165 à 234 km).

Tout en haut le verso : Cette lettre est arrivée le 14 à Turin, marquée RETRODATO (tout en haut) et acheminée et chaque fois marquée RETRODATO à Gênes, le 15, à Alessandria, le 16, à Gênes, le 17, à Asti, le 18, à Turin, le 21, de nouveau à Turin, le 27, où elle a été finalement déboursée, le 28 octobre.