3 Boulevard du Lycée, 74000 Annecy
Amicale philatélique d’Annecy

1830 – Une lettre de la Savoie pour la Corse

Nous avons déjà présenté une lettre de la France pour la Savoie de 1830. Voici une lettre qui a voyagée dans l’autre sens :

Lettre (1° échelon) de la Savoie avec la marque M4 d’ « ANNECY », connue de 1830 à 1835 comme marque de port dû, et avec le timbre à date linéaire du 28 mars 1830 pour Corte / Île de Corse taxée « 10 » (corrigée de 8 à 10 décimes) et marquée par le timbre français d’entrée (« ITALIE / P. LE PONT DE / BEAUVOISIN » en noir, Noël n° 152, connu depuis 1826)  et par la marque de rayon « C.S.1.R. » (correspondance sarde du  premier rayon).

La taxation.  Par conséquent, la convention franco-sarde du 1er janvier 1823 est corrélativement appliquée. Nous citons le paragraphe 4 :

« …. Réciproquement, les prix d’affranchissement des lettres et paquets adressés des Etats de Sa Majesté le Roi de Sardaigne dans les Etats de Sa Majesté le Roi de France, seront perçus par les Bureaux des Postes Sardes, selon les taxes réglées par le tarif de ces Postes, pour les distances à parcourir depuis les points de départ, jusqu’aux points d’échange frontières, et en outre, selon les taxes du tarif actuel des Postes Françaises, depuis la frontière de France, jusqu’aux points de leur destination dans le Royaume. »

La convention dénomme aussi les points de sortie ainsi que les points d’entrée : Citons le paragraphe 5 :

« …. Réciproquement, chacun des Bureaux de Chambéry et de Nice tiendra compte, par pièce, à chacun des Bureaux Français du Pont-de-Beauvoisin, de Grenoble et d’Antibes, des taxes qui leur seront dues, selon le tarif Français, sur les lettres et paquets affranchis pour les Etats de Sa Majesté de France, jusqu’à destination. »

Par conséquent, la lettre est d’abord taxée au tarif sarde du 1er janvier 1819 pour le parcours en Savoie d’Annecy au Pont-de-Beauvoisin (distance de 34 à 44 miglia sardes, donc 6 sols soit 3 décimes). Ce port étranger de 3 décimes est marqué par le timbre « 3 » en noir. En plus, la taxe française au tarif du 1er janvier 1828 se monte à 6 décimes pour Pont-de-Beauvoisin à Toulon (distance de 221 km à 300 km) plus 1 décime pour la voie de mer pour la Corse, ce qui fait 10 décimes au total.

Les marques de rayon. Par le paragraphe 17 de cette convention, ces nouvelles marques sont créées :

« …. Et pour le même objet, l’Office des Postes Royales de Sardaigne a partagé son territoire en trois divisions. Chacune de ces parties du territoire de l’un ou de l’autre royaume, qui comprend un certain nombre de Bureaux de Postes, s’appelle Rayon…. Réciproquement, les lettres et paquets des Villes et lieux du Rayon Sarde le plus voisin de la frontière Française, porteront le timbre suivant : C.S.1.R., qui veut dire correspondance Sarde du premier Rayon; quant aux lettres et paquets des Villes et lieux plus reculés dans l’intérieur des Etats de Sa Majesté le Roi de Sardaigne, ils devront être timbrés C.S.2.R., ou C.S.3.R., selon qu’ils proviendront des Bureaux compris dans l’un, ou dans l’autre de ces Rayons. »

Le paragraphe 18 règle la compensation entre les deux administrations:

« …. De son côté, l’Office des Postes Royales de France payera à l’Office de Postes Royales de Sardaigne les lettres non affranchies du premier Rayon Sarde et timbrés C.S.1.R., à raison de six décimes par chaque poids de trente grammes. Celles du deuxième Rayon, sous le timbre C.S.2.R., à raison de douze décimes. Celles du troisième Rayon, qui doivent être frappées du timbre C.S.3.R., à raison de vingt-trois décimes….. »

 

Source : Vollmeier, Paolo (ed.) : Storia Postale del Regno di Sardegna dalle Origini all’Introduzione de Francobollo, volumes I, II, III, Castagnola (Suisse), 1985.

 

1830 – Une lettre de la France pour Madame la Marquise de Sales à Thorens en Savoie

Lettre (1° échelon) écrite le 22 décembre au château de Montgoger (canton de Sainte-Maure-de-Touraine) pour Madame la Marquise de « Salles » (Sales) à Thorens par Annecy en Savoie, postée au bureau de Sainte-Maure (marque départementale « 36 / STE MAURE« , connue 1809 – 1831), datée par le dateur A, le 23 décembre 1830, taxée « 22 » (sols) par la poste sarde

conforme au tarif de la convention franco-sarde du 1er janvier 1823 (deux marques « C.F.4.R.« , correspondance française du 4° rayon, marque connue de 1818 à 1839) et arrivée à Annecy, le 31 décembre (timbre à date linéaire en italien au verso de la lettre).

La taxation. Le paragraphe 4 de la convention franco-sarde mise en vigueur le 1er janvier 1823 règle les prix d’affranchissement. Nous citons:

« Les prix d’affranchissement des lettres et paquets adressés des Etats de S.M le Roi de France dans les Etats de S.M. le Roi de Sardaigne, seront perçus, savoir, selon les taxes fixées par le tarif des Postes Françaises, pour les distances à parcourir depuis les points de départ, jusqu’aux points de sortie du territoire Français, et de plus, selon les taxes du tarif actuel des postes Sardes, depuis les points d’entrée, jusqu’aux points de destination dans les Etats de S.M. le Roi de Sardaigne….. »

La convention dénomma aussi les points de sortie ainsi que les points d’entrée : Citons le paragraphe 5 :

« Ainsi, chacun des Bureaux du Pont-de-Beauvoisin, de Grenoble et d’Antibes, tiendra compte, à chacun des Bureaux de Chambéry et de Nice, par pièce, de la taxe qui leur sera due, selon leur tarif, pour les lettres et paquets affranchis en France, jusqu’à leur destination dans les Etats du Roi de Sardaigne…. »

Donc, la lettre est taxée au tarif du 1er janvier 1828 pour le parcours en France de Sainte-Maure au Pont-de-Beauvoisin (distance de 401 à 500 km, donc 8 décimes) plus la taxe sarde pour le parcours en Savoie du Pont-de-Beauvoisin à Annecy au tarif sarde du 1er janvier 1819 (distance de 34 à 44 miglia sardes, donc 6 sols). 8 décimes correspondent à 16 sols, donc 22 sols au total.

Thorens-Sales obtint un premier bureau de distribution mandamentale, relevant d’Annecy, le 1er janvier 1838. Par conséquent, en 1830, le courrier pour Thorens resta à Annecy. A cette époque là, c’était la responsabilité des communes sardes d’organiser un service de pédon pour aller chercher le courrier au bureau de poste sarde le plus proche.

Les marques de rayon. Par le paragraphe 17 de cette convention, ces nouvelles marques sont créées :

« L’Office des Postes Royales de France, pour la livraison de ses lettres et paquets non affranchis, a divisé le territoire du Royaume en cinq parties; … chacune de ces parties du territoire  de l’un ou de l’autre royaume, qui comprend un certain nombre de Bureaux de Postes, s’appelle Rayon. Les lettres et paquets des Villes et lieux du Rayon Français le plus rapproché de la frontière des Etats Sardes, porteront pour marque distinctive le timbre suivant : C.F.1.R., qui signifie correspondance Française du premier Rayon; et les autres lettres et paquets des Villes et lieux plus reculés dans l’intérieur du Royaume, seront frappés d’un des timbres C.F.2.R., C.F.3.R., C.F.4.R., ou C.F.5.R., selon le Rayon d’où ils seront originaires….. »

Le paragraphe 18 règle la compensation entre les deux administrations:

« L’Office des Postes Royales de Sardaigne payera, par chaque poids de trente grammes, à l’Office de Postes Royales de France, les lettres non affranchies du premier Rayon Français et timbrés C.F.1.R., à raison de six décimes. Celles du 2° Rayon, portant pour timbre C.F.2.R., à raison de douze décimes. Celles du 3° Rayon, sous le timbre C.F.3.R., à raison de vingt-trois décimes. Celles du 4° Rayon, ayant pour timbre C.F.4.R., à raison de trente centimes. Et celles du 5° Rayon, timbrés C.F.5.R., à raison de quarante décimes…. »

Par conséquent, les marques de rayon ne sont pas des marques de taxation, mais de compensation.

 

Source : Vollmeier, Paolo (ed.) : Storia Postale del Regno di Sardegna dalle Origini all’Introduzione de Francobollo, volumes I, II, III, Castagnola (Suisse), 1985.

Les Timbres à Date Type A1 – A2 – A3 d’Annecy

Lettre (1° échelon) pour Chamonix affranchie de l’émission Sage (YT n° 90Bb – type II D, 15c, tarif du 1er mai 1878), oblitérée et marquée par la machine Daguin, type A1 I b, 5E levée du 1er janvier 1887 (premier jour du A1 I b).

 

Le timbre A1 (selon la classification de Lautier) est un timbre à double cercle dont le cercle central est composé de tirets. Il apparaît en 1884 (C’est pourquoi il a été aussi appelé T84 dans une classification plus ancienne), mais il n’est introduit que peu à peu. Au bureau d’Annecy, son utilisation est connue à partir de novembre 1885.

L’introduction du timbre à date type A1 ne remplace pas l’utilisation de son prédécesseur, le T18. On continue à utiliser le T18 surtout pour manipuler des lettres recommandées ou chargées. Le dernier mois d’utilisation d’un T18 connu au bureau d’Annecy est novembre 1893.

Nous connaissons deux timbres à date type A1 différents à Annecy. Ils se distinguent par l’écriture de l’indicatif du département :

  • « HTE SAVOIE », nous appelons ce timbre à date type A1 I ;
  • « HAUTE SAVOIE », c’est le type A1 II.

La création du type A1 en 1884 n’est qu’un élément d’un changement plus important : Le bureau central du matériel décida de changer radicalement tous les timbres à date y compris ceux des ambulants, courriers-convoyeurs et des gares : Le diamètre passe de 20-23 mm à 24-25 mm et les caractères du bloc dateur « romains » sont remplacés par des caractères « bâtons », plus modernes et plus lisibles.

Par conséquence, à partir de 1885, le bureau central ne fournit que des caractères bâtons pour les blocs dateurs de tous les timbres à date en service, mais pas pour tous les bureaux.

A Annecy, par exemple, il faut attendre l’année 1887 pour obtenir des caractères en bâtons. Par conséquent, à Annecy, à partir du 1er janvier 1887, le timbre à date A1 n’a plus un bloc dateur en caractères romains, mais toujours en caractères mixtes : Au moins, le millésime est en caractères bâtons, parce que le millésime 1887 n’est disponible qu’en caractères bâtons au bureau d’Annecy. Nous utilisons le caractère « a » pour désigner un type A1 avec un bloc dateur en caractères romains, et le « b » pour un type A1 avec un bloc dateur en caractères mixtes.

(Verso d’une) lettre de la gare de Chambéry pour Annecy acheminée par les convoyeurs « Grenoble à Culoz » (type 1) et « Aix à Annecy » (type 1), arrivée à Annecy le 18 novembre 1885 (timbre à date A1 I a) et redirigée le 19 novembre d’Annecy (timbre à date A1 I a) à Frangy (timbre à date T18 de Frangy).

 

Carte postale (entier postal, émission Sage du 1892, Storch n° SAG G8, 10c, tarif du 1er mai 1878) pour Annecy trouvée dans la boîte rurale de Cuvat (« P »), oblitérée et marquée par le type A1 II d’Annecy, 8E levée du 18 avril 1894.

 

Les timbres à date A2 et A3, les successeurs du type A1, sont des timbres à date tous pareils qui ne se distinguent que par les caractères du bloc dateur. D’abord, à partir de la fin des années 1880, c’est le type A2 (bloc dateur en caractères bâtons) et finalement le type A3 (bloc dateur tout en chiffres) à partir d’octobre1901.

On connait alors un type A2 I et A3 I (« HTE SAVOIE ») et un type A2 II et A3 II (« HAUTE SAVOIE ») du bureau d’Annecy.

Franchement dit, la dénomination « type A2 » n’est pas vraiment justifiée, parce que les couronnes des type A1 et A2 sont identiques ainsi que la structure du bloc dateur. En plus, c’est le pur hasard ou une envie personnelle qui a laissé le postier choisir à chaque changement de la levée, du jour ou du mois quel caractère mettre en place dans le bloc dateur : Bien sûr, le bureau central ne fournit maintenant que des caractères bâtons, mais il y a eu toujours une disponibilité locale des noms des mois et des chiffres pour les levées et les jours en caractères romains. Si ces caractères romains n’étaient pas encore abimés, ils étaient toujours utilisables (économie oblige !), et le postier pouvait composer un timbre à date type A1 b (bloc dateur en caractères mixtes). Mais si le postier n’a utilisé que des caractères en bâtons, le résultat est un timbre à date type A2.

Donc, par la logique du classement, la dénomination type « A1 c » serait mieux choisie que celle du type A2, mais la dénomination A2 est aujourd’hui bien établie. Donc on la laisse.

Ce fait nous donne aussi une bonne explication pourquoi on trouve une utilisation simultanée des types A1 et A2 dans la plupart des bureaux en France. Le tableau tout en bas donne les dates connues pour le bureau d’Annecy.

Lettre (1° échelon) pour Karlsruhe / Allemagne affranchie de l’émission Sage (YT n° 101, 15c, et n° 103, 10c, tarif du 1er mai 1878) oblitérée et marquée par le type A2 I d’Annecy, 16E levée du 6 décembre 1900.

Lettre (1° échelon) pour Bonneville affranchie de l’émission Sage (YT n° 75B et n° 89, tarif du 1er mai 1878) oblitérée et marquée par le type A2 II d’Annecy, 6E levée du 4 mai 1893.

Le type A2 a connu un changement de la structure du bloc dateur en 1900. Les levées ont été remplacées par l’heure de la levée pour obtenir une lisibilité améliorée. Mais, on n’a pas trouvé cette variation du type A2 pour le bureau d’Annecy.

Par contre, le type A3 est introduit par la circulaire du 4 juin 1901. Elle remplace généralement dans les timbres à date l’indication du numéro de la levée par l’heure de la levée et en plus, aucune lettre alphabétique n’est utilisée dans le bloc dateur. Cette décision s’applique à partir du 1er octobre 1901. L’emploi du type A3 du bureau d’Annecy est connu à partir de mai 1902.

Le type A3 connait deux sous-types. Le premier est un dérivé du type A1/A2 « équipé » de ce nouveau bloc dateur tout en chiffres. Le second est un nouveau timbre à date similaire au A3 mais plus grand appelé soit A3c ou type 01. On ne connait que le type A3 du bureau d’Annecy.

Ils existent des différentes variantes des types A1 – A2 – A3 d’Annecy. Si on mesure l’écriture « ANNECY », on note que la distance de la première jambe du « A » à la jambe du « Y » varie entre 14 mm et 11 mm. C’est la preuve que le bureau d’Annecy a eu plusieurs timbres à date de ces types. Le timbre à date avec la distance de 14 mm est typique des années de 1885 à 1894 tandis que celui avec une distance de 13 mm est plutôt typique des années 1894 à 1898, celui avec une distance de 12 mm des années de 1893 à 1900, et celui avec une distance de 11 mm pour les années1893/1894.

Carte illustrée à découvert sans correspondance personnelle (formulaire privé) pour Biganos affranchie de l’émission Blanc (YT n° 111, 5c, tarif du 22 mars 1902) oblitérée par le type A3 I d’Annecy, levée de 16 h 40 du 28 mai 1902.

Mais nous pensons qu’une classification détaillée basée sur ce critère n’est pas utile pour les collectionneurs.

Les types A3/A3c sont remplacés par le type A4 (timbre à date à simple cercle) à partir de 1904, connu à Annecy à partir de février 1905.

Littérature.

Lautier, André : Nomenclature des cachets a date manuels postérieurs aux types 18 & 25, 1884-1969, Le Havre, 1984.

Maggay, Guy : Marques Postales, http://marcophilie.org/, 2015.

Martin, Wolfgang : Les Timbres à Date Type 18 de France, http://philatelie-annecy.fr/les-timbres-a-date-type-18-de-france/, Annecy, 2016.

Pothion, Jean : l’Oblitération française (initiation), Paris 1964.

Article connexe: Les timbres à date T18 d’Annecy.

Les timbres à date T18 d’Annecy

En haut : Lettre (1° échelon) d’Annecy pour Galway / Irlande affranchie de l’émission Sage (n° 89 – type II, 10c, plus n° 90B – type II D état 1, 15c ; tarif du 1er mai 1878), oblitérée et marquée par le timbre à date T18 I a (« HTE-SAVOIE », bloc dateur en caractères romains), 2E levée du 23 juillet 1881.

Le bureau de poste français d’Annecy a été créé le 14 juin 1860. Il remplaça le bureau sarde au moment de l’annexion de la Savoie par la France. A partir d’octobre 1860, les timbres à date utilisés par le bureau d’Annecy sont des timbres à date français.

Dans cette page marcophile savoyarde, nous étudions les timbres à date de type T18 d’Annecy dont il y en a eu trois. Le premier timbre à date au style d’un T18 est proprement dit un T17bis.

Le timbre à date T17bis. De 1792 à 1875, l’administration de la poste utilisa le nom de la ville et l’indicatif numérique du département pour dénommer un bureau de Poste en France. En juillet 1875, l’indicatif numérique du département qui se trouve en bas des timbres à date des bureaux de poste est remplacé par le nom de celui-ci. Cette modification a été suggérée par la Société géographique qui voyait en cela un avantage pour l’instruction du public. Le nom du département peut être abrégé ou pas. Pour le bureau d’Annecy, on trouve l’écriture soit « HAUTE SAVOIE » soit « HTE SAVOIE ». Dans la littérature marcophile, ce nouveau timbre à date est nommé soit T17bis soit T18. A notre avis, la désignation T17bis est préférable et bien justifiée : En dehors du remplacement de l’indicatif numérique du département par le nom de celui-ci, le T17bis est identique à son prédécesseur, le T17 : c’est un timbre à date à double cercle qui a le même diamètre, la même distance entre les deux cercles, et le même format et taille de l’écriture du nom de la ville du bureau. Nous connaissons l’emploi du T17bis par le bureau d’Annecy de janvier 1876 à février 1882. Michel Domenech mentionne 1875 comme date de l’introduction du T17bis à Annecy, mais nous n’avons plus retrouvé des plis frappés par un T17bis en 1875.

En haut : Lettre (1° échelon) recommandée (« R » en rouge) d’Annecy pour St-Jean-de-Sixt affranchie de l’émission Cérès (bande de 3x YT n° 60; port de 25c, tarif du 1er janvier 1876, 50c droit fixe de recommandation, tarif du 1er février 1873), oblitérée par PC des GC 110 et marquée par le timbre à date T17bis, 2E levée du 27 février 1876.

Le timbre à date T18.

A partir de 1877, un autre timbre à date similaire au T17bis apparaît en France. Il est probablement fourni par un autre fabricant que celui du T17bis. Nous l’appelons le « propre » T18. Pour connaître les différences entre le T17bis et le T18, regardons le timbre à date d’Annecy :

  • timbre à date T17bis (Ø 24 mm, distance de 4,5 mm entre les deux cercles, écriture « ANNECY » 11,5 mm) ;
  • timbre à date T18 (Ø 23 mm, distance de 4 mm entre les deux cercles, écriture « ANNECY » plus étroite – 10 mm).

A Annecy, deux différents timbres à date T18 ont été utilisés : le timbre T18 I avec « HTE-SAVOIE », connu du janvier 1879 au juillet 1881, et le timbre T18 II avec « HAUTE-SAVOIE », connu du janvier 1882 au novembre 1893.

Les sous-types du T18. Il y a 3 sous-types du T18 qui se distinguent par les caractères du bloc-dateur : bloc-dateur en caractères romains (T18a), mixtes (T18b) et bâtons (T18c).

Dans le bloc dateur en caractères mixtes, le nom du mois est en caractères romains et italiques, le millésime en caractères bâtons, et le jour du mois ainsi que le numéro de la levée sont soit en caractères romains soit en caractères bâtons.

Au bureau d’Annecy, le sous-type T18 a été employé jusqu’au 31 décembre 1886. Il existe donc un T18 I a et T18 II a. Le sous-type T18 b est employé à partir du 1er janvier 1887. Il n’est connu que pour le T18 II et jusqu’en novembre 1893. A partir de 1891, on connait le sous-type T18 II c.

En haut : Lettre (1° échelon) d’Annecy pour Porto-Vecchio affranchie de l’émission Sage (n° 90B – type II D état 3, 15c, tarif du 1er mai 1878), oblitérée et marquée par le timbre à date T18 II a (« HAUTE-SAVOIE », bloc dateur en caractères romains), 2E levée du 4 janvier 1882.

En haut : Lettre « CHARGE » (timbre noir) d’Annecy pour St. Etienne affranchie par l’émission Sage (5x n° 90Bb – type II D, 15c ; 2x n°75Bb – type II B, 5c), oblitérée et marquée par le T18 II b (« HAUTE-SAVOIE », bloc dateur en caractères mixtes), 8E levée du 23 juin 1888.

Le port de 85c se compose de 30c port pour le 2° échelon, 25c droit fixe de chargement et 30c droit proportionnel – 10c par 100 F, tarif du 16 janvier 1879.

A gauche : Lettre (convocation des juges de 1ère instance d’Annecy) recommandée (« R » en noir) pour Villaz (circonscription postale d’Annecy) affranchie de l’émission Sage (n° 94a, 40c, tarif du 16 janvier 1879), oblitérée et marquée par le timbre à date T18 II c (« HAUTE-SAVOIE », bloc dateur en caractères bâtons), 7E levée du 9 janvier 1891, et retournée (timbre noir « RETOUR A L’ENVOYEUR 110 » ; le 110 est le numéro du bureau d’Annecy).

Littérature.

Domenech, Michel : Marques Postales et Oblitérations de Savoie des Origines à 1876, Chambéry, 1966.
Domenech, Michel : idem, mise à jour, Chambéry 1984.

Lautier, André : Nomenclature des cachets a date manuels postérieurs aux types 18 & 25, 1884-1969, Le Havre, 1984.

Mathieu, Armand : Cachets à Date de France sur Type Sage, Nice, 1976.

Martin, Wolfgang : Les timbres à date Type 18 de France, Annecy, http://philatelie-annecy.fr/les-timbres-a-date-type-18-de-france/, 2016.

Pothion, Jean : l’Oblitération française (initiation), Paris 1964.

Article connexe: Les Timbres à Date Type A1 – A2 – A3 d’Annecy

Les Timbres à Date Manuels Spéciaux d’Annecy – de 1942 à nos jours

Premiers Jours et autres oblitérations des Bureaux Temporaires et du Point/Bureau Philatélique

Les Bureaux de Poste Temporaires

Un bureau de poste temporaire est une installation de certains services postaux à une manifestation pour un ou plusieurs jours. Typiquement, un bureau de poste temporaire est doté d’un timbre à date manuel spécial le plus souvent illustré pour oblitérer des timbres-poste des plis postés à ce bureau temporaire ou de marquer des formulaires postaux (factures, fiches de dépôt etc.).

Il y a deux sortes de bureaux temporaires :

  • le bureau temporaire dit premier jour qui fête le premier jour de l’émission d’un timbre-poste émis par la poste dans le cadre d’une émission nationale. Un tel bureau est entièrement géré par la poste à leur frais en partenariat avec le demandeur du timbre-poste émis.
  • le bureau temporaire demandé par une initiative privée aux frais du demandeur. Tout organisme ou personne physique peut demander à l’administration postale l’ouverture d’un bureau postal temporaire pour commémorer un événement particulier dès lors qu’il ne s’agit pas d’une publicité ou d’une action dans un but politique. Un tel bureau temporaire peut alors accompagner des foires, expositions ou congrès ainsi que commémorer des événements typiquement d’un caractère plutôt local. Le timbre à date manuel spécial est bien un timbre à date de la poste, mais il est aux frais du demandeur.

Les timbres à date spéciaux utilisés à l’époque sont assez divers. Toutefois à partir de 1942 jusqu’aux années 60 on trouve assez souvent le même modèle, un timbre à date illustré, à double cercle avec un diamètre de 36 mm. Depuis les années 60, c’est plutôt un timbre à date illustré à simple cercle.

Timbres à date manuels spéciaux dits « Premier Jour »

Le premier jour de mise en service d’un timbre-poste est communément appelé « premier jour ». A cette occasion on organise souvent une petite manifestation dans une ville ou plusieurs villes de France. Un bureau de poste temporaire fonctionne pendant toute la durée de la manifestation. Il appose sur le courrier qui lui est remis un timbre à date spécial dit « premier jour ». Ce timbre à date est créé pour l’occasion. Typiquement, il comporte la mention « Premier Jour ». Seul le timbre émis pour cette occasion est autorisé pour recevoir l’oblitération spéciale.

Le premier timbre-poste à avoir fait l’objet d’un premier jour est le 20c Rouget de l’Isle (YT n° 314), à Lons le Saunier, le 27 juin 1936.

 

Les timbres à date « Premier Jour » apposés à Annecy sont :

  • 1960 : Le centenaire du Rattachement de la Savoie à la France (sans mention Premier Jour)
  • 1977 : 50° Congrès de la F.S.P.F.
  • 1977 : Tennis de Table – 50° anniversaire de la F.F.T.T.
  • 2000 : Anciennes Voitures – PHILEX Jeunes
  • 2005 : La Marianne des Français
  • 2005 : Portraits de France – Lac d’Annecy
  • 2010 : Rattachement de la Savoie à la France

premier jour YT n° 3814

Annecy : Timbres à date manuels spéciaux demandés

Les deux premiers timbres à date illustrés utilisés à Annecy datent de 1942 et 1943. Ils ont été créés à l’occasion de la deuxième et de la troisième Journée du Timbre en France.

Un autre timbre à date illustré a été prévu pour le 9 décembre 1944, date de l’émission du premier timbre-poste français consacré à la Journée du Timbre. Ce timbre à date a été fabriqué, mais pour cause des circonstances fin 1944, il n’a pas été utilisé. Le troisième timbre à date illustré d’Annecy est donc celui de la Journée du Timbre de 1945.

Tous ces timbres à date suivent le modèle présenté plus haut.

Par contre, le modèle du quatrième timbre à date spécial demandé d’Annecy n’est pas illustré et suit plutôt le modèle du timbre à date ordinaire à simple cercle avec un diamètre plus petit. Il a été utilisé au bureau temporaire du congrès F.A.M.M.A.C. du 19 au 20 octobre 1946.

Vous trouverez ces timbres à date et tous les autres dans le catalogue des timbres à date manuels spéciaux d’Annecy.

 

Les timbres à date manuels spéciaux du point et du bureau philatélique à Annecy

Il existe une autre sorte de timbres à date manuels spéciaux. Ils ont été utilisés au point philatélique des bureaux de poste dans certaines villes, dont Annecy où on connait trois de ces timbres à date utilisés depuis les années 80 jusqu’à la fermeture du point philatélique d’Annecy.

Les points philatéliques ont été remplacé par les bureaux philatéliques. Comme les points philatéliques, les bureaux philatéliques utilisent un timbre à date manuel spécial. Une première quinzaine de bureaux d’essai ont ouverts en novembre 2015, mais la majorité des bureaux ont commencé à fonctionner à partir de mars 2016. Il semble que le timbre à date du bureau philatélique d’Annecy est arrivé le 17 août 2016, mais la première frappe connue date du 28 août 2017.

Nous avons inclus ces timbres à date illustrés du points et bureaux philatéliques dans notre catalogue.

Dans le contexte des timbres à date manuels spéciaux, il est aussi utile de se référer à l’

Historique de la Journée du Timbre (source : phil-ouest)

En 1935 la FIP (Fédération Internationale de Philatélie) a proposé lors de son congrès à Bruxelles la création d´une journée du timbre dans chacun de ses pays membres, ce projet a été validé par le congrès de la FFAP à Paris en 1937. La première journée du timbre aura lieu en 1938, puis après deux années d´interruption (1940 et 41) le premier timbre à date illustré de cette journée parait en 1942. En 1944, la Poste émet le premier timbre consacré à la journée du timbre, en 1993 il y aura sur le même thème deux timbres émis à l´occasion de cette journée. A partir de 2000 la journée du timbre devient la fête du timbre.

Les timbres à date des Journées/Fêtes du Timbre ne sont pas des timbres à date « Premier Jour ». Ils ne comportent jamais la mention « Premier Jour ». Il est alors permis d’oblitérer n’importe quel timbre-poste par le timbre à date « Journée/Fête du Timbre ».

Les ventes de timbres de la fête du timbre servent à financer d´une part l´ADP (Association pour le Développement de la Philatélie) qui subventionne la FFAP (Fédération Française des Associations Philatéliques), l´APPF (Association de la Presse Philatélique Francophone) et la CNEP (Chambre des Négociants et Experts en Philatélie) et d´autre part la Croix-Rouge Française.

De 1942 à nos jours, l’Amicale philatélique d’Annecy a organisé 14 Journées/Fêtes du Timbre dotées d’un timbre à date illustré, la dernière en 2015. (à voir page « Histoire »)